29/10/2005

Un peu (beaucoup) de gelée sentimentale à deux balles

Sa respiration calme contre ma peau, il dort, tout contre moi, sa main sur ma taille, je ne peux donc pas bouger sans le réveiller. Je remonte un peu la couverture, au prix de certains efforts de contorsion, sur nos deux corps. Je n’aurais pas imaginés, il y a….Mmh, mais qu’elle heure est-il, en fait ? Presque neuf heures….

 

Nous sommes rentrés vers quatre heures du matin, de la soirée de Noël du bureau, je ne voulais pas qu’il rentre dans cet état en voiture, je lui ai donc proposé de dormir à l’appart, il a accepté.

 

J’étais entrain de préparer du café (vu l’heure, je ne comptais pas dormir) quand j’ai sentit ses mains se poser sur mes hanches et son menton sur mon épaule. Je ne sais même pas pourquoi je ne l’ai pas repoussé/frappé/étranglé pour cette impudence, non, je me suis simplement contorsionnée pour finalement me retrouver avec un paquet de café à moudre et une paire de ciseaux en mains, entre ses bras.

 

Il m’a embrassée. Je n’ai même pas tenté de lui enfoncer (même de comédie) les ciseaux, ni même débattue, au contraire. Il m’a lâchée, l’air ennuyé, avec un « désolé » perdu. Je l’ai vu aller s’asseoir sur le canapé et se prendre la tête entre les mains. J’ai terminé de préparer le café, j’ai enclenché la cafetière électrique et j’ai ouvert la fenêtre.

 

Je me suis assise, la neige commençait enfin à tomber, le matin n’était même pas encore entrain de se lever. Il m’a rejoint, j’ai allumé une clope, lui aussi. On est resté ainsi, sans rien dire. Il a terminé sa clope, je lui ais sortit notre private joke favorite « fumer, c’est mal », il m’a répondu, un peu ailleurs, « C’est le mal ». Il a changé de place, j’ai étendu mes jambes, il me tournait le dos, j’ai glissé ma main entre sa nuque et son épaule. Il a posé sa main sur la mienne, je pense que je l’ai surpris.

« - Tu t’es laissée faire… 

- Oui

- Pourquoi ?

- Je sais pas…

- Tu m’aimes ?

- Peut-être…. »

 

J’ai terminé sur un ton joueur, il s’est retourné, a tenté de me chatouiller, j’ai lutté et on a continué…. Et on a fini par baiser, j’ai pas vu le temps passer, je me suis endormie, aussi, en oubliant le café… C’était chaud, sexy et tendre.

 

Mais attendons le réveil, ne nous faisons pas trop vite des illusions, maintenant qu’il a eu ce qu’il voulait, ne me lâchera t’il pas comme une vieille chaussette ? Ce ne sera pas la première fois et puis, je n’ai pas de cœur, je ne souffrirais pas….

 

Ne pas oublier le café…


21:50 Écrit par Miss Evergreen | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/10/2005

Caste Alpha

J’attends depuis si longtemps, comme un papillon dans sa chrysalide, comme un oiseau en cage, cloîtrée dans ma solitude. Je n’en peux plus, je veux vivre, je n’en peux plus d’avoir pour seuls amis mes livres et ma musique….

 

Mais la sortie m’est interdite, dans notre société où tout se fait chez soi, entre Communautés, où les aristos ne côtoient plus le petit peuple que par écran d’holovision interposé, les un pour critiquer, les autres pour rêver. Je ne sais rien du monde d’en bas, moi, de la Caste Alpha.

 

Premier enfant d’une des plus riche et puissante famille de la Caste, j’ai grandis dans un cocon doré, entre les robots-précepteurs et les nurses-robots. Mes deux frères sont nés, Thomas et Valentin. Nous avons été élevés ensembles, mais avons étés séparés dés nos 15 ans, moi pour devenir une vraie « femme de l’Alpha » et eux,  des hommes, des dirigeants.

 

Pourtant, je ne suis pas comme les autres, je le sais, je le sens, je le vois. Mes parents ne m’aiment pas, car je ne partage pas leurs goûts de luxe, parce que je suis trop pâle, trop effacée, trop nocturne. J’ai des canines trop pointues, des yeux tirant trop vers le rouge violacé, trop changeants. Des cheveux trop sombres, trop « vivants ». Je suis un vampire et ce depuis que j’ai un an. Je n’en ai pas honte, eux, si…De brimade en insulte, j’ai décidé de fuir, loin, très loin.

 

Alors, j’ai écris une lettre d’adieu à Valentin, la seule personne qui m’aie jamais aimée. J’ai rassemblé des vêtements dans une valise, avec ma bibliothèque portable. J’ai volé de l’argent, sans honte et je suis partie.

 

J’ai erré pendant tant de temps….Emmagasinant des images, belles ou moins belles. Puis la nuit est arrivée et je me suis retrouvée seule. On m’a prise pour une pute, j’ai fuit. Et j’ai rencontré Lucia, une vraie prostituée, qui m’a prise sous son aile.

 

Je l’ai suivie au bordel, où j’ai été adoptée par Carmilla, la patronne et son mari, Paulo. Je suis devenue leur femme de mains, j’ai appris à tuer, à séduire, à voler. La « Fleur de Lys » est devenu un bordel de luxe, mais j’ai toujours été respectée par les filles (et les hommes). Ma chambre est sous les combles de cette maison de reconstitution victorienne, grande, sombre, elle donne sur les toits que je connais par cœur.

 

Un jour, Carmilla est entrée, embêtée, dans mon repaire. J’étais assise à califourchon sur la fenêtre, entrain de lire. Elle avait un client spécial, qui donnait beaucoup, beaucoup d’argent pour la plus belle des jeunes filles du bordel. On lui a présenté Yung Tsu Yeun, la perle d’Asie, Shirley, la douce, Taïsha, l’envoûtante Arabe et encore bien d’autre, mais il n’en a voulut aucune….Considérant tout ce qu’ils avaient fait pour moi, je suis descendue, sans me changer, gardant mes vêtements d’inspiration renaissance, mes cheveux attachés serrés…

 

Il a hoché la tête en souriant, nous sommes entrés dans une alcôve. Et je l’ai reconnu, mon jeune, mon tendre petit Valentin, devenu un débauché en mal de sensation. Ma main vint s’imprimer sur sa joue, il s’offusqua puis me reconnut. Mais cela ne l’arrêta pas pour autant, au contraire, il me viola presque. Mais peu-on parler de viol quand la victime est plus que consentante ?


20:29 Écrit par Miss Evergreen | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/10/2005

Lullaby

Notre unité n’est pas une unité de gardiennage d’ados richards, non, pas du tout…Enfin…Il arrive parfois que des exceptions se présentent…Cette exception s’appelle Lullaby Emigrantia, jeune fille de dix-huit ans, fille du sénateur Emile Emigrantia. Ce sénateur n’est ni bon, ni mauvais, mais sa fille est, malheureusement pour elle, un Avatar de Lilith. Je ne vous dis pas le nombre de créatures intéressées par la domination de cette pauvre jeune fille (du moins, tant qu’elle sera vierge, c’est un paradoxe, je sais) qui se destine à devenir vétérinaire… Toujours est-il qu’en ce jour du Bal du Chancelier, c’est à nous d’assurer sa sécurité (je suppose que c’est pour faire bonne mesure, pour bien montrer aux gens que la police est aussi efficace qu’un service de sécurité privé)…Moi et Erwin…

 

Je rumine ça depuis ce matin. Enfin….Après la douche, bien glacée, l’habillage (avec une robe excessivement chère crée pour l’occasion : noire, moulante en corsage mais assez ample à partir de la taille pour dissimuler un holster de cuisse et un couteau à cran d’arrêt aux jambes. Sans oublier l’oreillette. Une véritable espionne.

 

Bon….On attache le porte-jarretelles, un bas, puis l’autre (rien ne vaut un porte-jarretelles avec un holster de cuisse !). Je passe le holster, l’attache, glisse le cran d’arrêt dans son étui, sous le bas…Me voilà presque parée. Une légère touche de crayon noir autour des yeux, un peu de rouge sombre sur mes lèvres, on brosse une dernière fois les cheveux, une touche de parfum au creux des seins et dans le cou….

 

On klaxonne. Je descend, fauchant au passage une étole, noire comme un ciel étoilé, manque de me rétamer dans les escaliers (foutus talons !). Dehors, une superbe limousine noire, Erwin, en costard noir, cheveux brossés et attachés (pour une fois !), le bouc bien rasé, m’ouvre la portière. Je me place bien contre la porte, pour servir de protection à Lullaby. Erwin me précède, la voiture démarre.

 

Nous voici devant la maison du Sénateur. Erwin ouvre la portière à la jeune fille, elle est superbe : Une robe bleu nuit, une étole mauve foncée autour des épaules, un petit sac assortit à l’étole, une superbe parure (que je reconnais être une croix de protection crée par Paul) sertie de véritables saphirs et améthystes d’une pureté exceptionnelle, mais redoutable car étant gravée de runes puissantes. Ses cheveux blonds, mi-long, ont été coiffé en un chignon froufroutant, je ne veux pas savoir combien de tonne d’épingle et de gel/laque on a pu utiliser pour faire tenir tout cela…Très légèrement maquillée (en apparence du moins), bref, une superbe poupée Barbie qui fait baver Erwin. J’en serais presque jalouse.

 

Nous discutons un peu toutes les deux, j’ai déjà dû assurer sa protection plusieurs fois, dans des séances de shopping ou des visites diverses, parfois même en cours. La voiture roule doucement et je surprends Erwin à rêver, les yeux dans le vague de la ville qui défile.

 

Mais nous voici arrivés. Je dicte les dernières consignes de sécurité (même si elle les connaît par cœur, depuis le temps), m’assure de la présence de mon oreillette et du micro, réajuste le nœud papillon d’Erwin. Nous entrons, il me tend son bras, donnons le petit carton d’invitation au nom de « Monsieur et Madame Meyer »…Me voici donc mariée à Erwin, ce que, je pense, il n’imaginerais même pas dans ses fantasmes les plus fous. Et là, je le vois…Lui, Heinrich….Ainsi donc, il va tenter directement d’attraper la jeune fille…Je le hais….D’un petit coup de coude, je préviens Erwin.

 

La première partie de la soirée se passe bien, tout le monde discute avec tout le monde, j’essaye de paraître sociable tout en gardant un œil sur Lullaby, tandis qu’Erwin se fait draguer par un troupeau de femmes, jeunes et moins jeunes. Le buffet d’apéritif est très complet et souvent réapprovisionné, le champagne coule à flot, de nombreuses personnes sont déjà gaies, moi-même, j’ai un peu chaud, surtout là où se trouve mon holster.

 

Le dîner est servit, nous sommes (heureusement) placés à la même table que Lullaby, qui discute avec un couple de savant, lui biologiste, elle ethnologue et un éminent vétérinaire. Je garde un œil sur Heinrich, qui semble plus préoccupé par la jeune mais néanmoins superbe créature à ses côtés, sur qui il use de ses pouvoirs de séduction (ainsi que le reste de la table, en fait). Je sais que notre jeune protégée ne risque rien, avec la parure dont elle est l’écrin, mais je me méfie. Nos regards se croisent, il me sourit, dévoilant ses canines, mais de façon si discrète que je suis la seule à le voir. Je lui décoche le même sourire, carnassier..

 

Très agréable ce dîner. Mais voici l’heure de la danse et c’est là que je me méfie. Il ne peut toucher Lullaby par ses pouvoirs mentaux, mais il peut tout à fait, de manière normale, lui parler, et c’est de cela que je méfie. Une jeune homme, qu’elle semble bien connaître, l’invite à danser, je le sonde rapidement, aucun problème, il est aussi humain que moi…Non, disons qu’il est aussi humain que le gars de la sécurité (qui ressemble plus à un gorille en plus imberbe…) qui se trouve près d’une colonne.

 

Erwin danse en diagonale de Lullaby, aucun problème, il l’a tient à l’œil. Mais une main, glacée, se pose sur la mienne, et m’entraîne sur la piste. Heinrich… Ses yeux bleus, semblables à l’abîme, me fixent, il me sourit, me fait frissonner d’un plaisir quasi sexuel. J’ai beau être une chasseuse de vampire à demi vampire, il me fait quand même un minimum d’effet. La musique change, plutôt latine maintenant, il m’entraîne, les couples se retirent, car peu savent danser. Je sens le regard mi-envieux, mi-jaloux d’Erwin se poser sur ma nuque (bien que je suppute que c’est à Heinrich que s’adresse ce regard). Me voici entre les mains du Maître.

 

- Vous êtes superbe ce soir…Mais vous me semblez bien…..Raide

 

D’un coup, il me fit descendre, brusquement, je me redressai, nous continuâmes. Non, tu n’auras pas le dessus…J’enchaîne, à mon tour, violente mais sensuelle, comme l’exige la musique. Notre numéro dure un bon moment, suivant la musique entraînante, chaude, sensuelle, sauvage. Ce doit être le tango le plus excitant de toute ma carrière, j’en tremble presque. On nous applaudit, il me lâche, enfin.

 

Erwin me rejoint peu après, dans un coin. Lullaby parle gentiment avec son danseur et quelques autres personnes irréprochables. Je vois dans le regard de mon cher coéquipier qu’il est furieux. Je le laisserais faire, il tenterait de tuer Heinrich sur le champ. Ca m’arrangerais, mais bon…On doit nous prendre pour un couple entrain de s’engeuler. Je le laisse râler deux minutes et voit Heinrich inviter la jeune fille à danser, Erwin surprend mon regard et m’entraîne sur la piste, dans une valse qu’il maîtrise, c’est incroyable, excessivement bien... Nous gardons un œil sur Heinrich et Lullaby…

 

- Cette courbe contre ma cuisse….

- Mon holster de cuisse…

- Ah…

- Tu sais que tu danses bien ?

- Ma sœur m’a tout appris…

Ils sortent, et je me rappelle que les runes doivent être « rechargées »….Aïe…. J’entraîne Erwin à leur suite, fait un signe discret aux agents de la sécurité qui doivent se tenir prêts… D’un geste peu élégant mais discret, je sors mon arme, Erwin en profite pour me mimer le loup de Tex Avery. Je me déchausse, ce sera plus simple. Nous courons, j’entends Lullaby rire, nous sommes tout près….

 

Dans un coin discret du parc, Heinrich embrasse langoureusement la jeune fille, le collier est à terre. Elle semble en extase, il ne nous a pas attendu, ses crocs sont luisants et prêts à s’enfoncer dans la chair tendre de l’Avatar. L’arbalète serait trop risquée, je lui saute dessus, me servant de mon étole comme d’une muselière. Mes bras, qui ont beau être fins, sont puissants, surtout quand je laisse la part belle à ma force animale de semi-vampire. Nous tombons, Erwin réceptionne Lullaby, qu’il va confier au service de sécurité qui l’attend à la limousine.

 

J’ai perdu mes lentilles, mes yeux violets sont à découvert, mes crocs, je les sens sur mes lèvres. Nous luttons, corps à corps, j’entends plusieurs fois le bruit que fait un vêtement qui se déchire, pourtant, je n’ai pas peur, sa présence m’électrise, cette lutte nous excite….Ils semble se calmer, mais la violence est toujours de mise entre nous…mais Erwin revient, le Maître disparaît, se fondant dans la nuit… Auréolé par une sensation de désir, il a faim…

 

Je ramasse mon sac, mon arbalète, la parure et mon étole, me redresse…ma robe porte une longue déchirure qui remonte jusqu’au haut de ma cuisse, terriblement sexy mais pas convenable… Je reprends mes esprits. Erwin m’aide à ne pas tomber, je chancelle…Il me faudrait une pochette de sang, mais je n’en ai pas ici (oui, c’est un des inconvénients….je peux utiliser mes pouvoirs vampiriques, mais il faut que je me régénère en sang après…).

 

Nous sortons par le parc, hélons un taxi, il me raccompagne jusqu’à l’appart’….Son élastique à foutu le camp et il commence à pleuvoir, nous sommes trempés…je le fais rentrer, prépare du café bien fort, bien chaud, le laisse prendre une douche et vide trois pochettes de sang (je ne pensais pas avoir tant utilisé mes pouvoirs que ça)… A mon tour d’aller prendre une douche….je sais que quand je reviendrai, il se sera endormi sur le canapé et j’irais fumer, assise sur la fenêtre, portable sur les genoux et café à proximité de ma main, écrivant jusqu’à pas d’heure….


20:29 Écrit par Miss Evergreen | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |