27/10/2005

Caste Alpha

J’attends depuis si longtemps, comme un papillon dans sa chrysalide, comme un oiseau en cage, cloîtrée dans ma solitude. Je n’en peux plus, je veux vivre, je n’en peux plus d’avoir pour seuls amis mes livres et ma musique….

 

Mais la sortie m’est interdite, dans notre société où tout se fait chez soi, entre Communautés, où les aristos ne côtoient plus le petit peuple que par écran d’holovision interposé, les un pour critiquer, les autres pour rêver. Je ne sais rien du monde d’en bas, moi, de la Caste Alpha.

 

Premier enfant d’une des plus riche et puissante famille de la Caste, j’ai grandis dans un cocon doré, entre les robots-précepteurs et les nurses-robots. Mes deux frères sont nés, Thomas et Valentin. Nous avons été élevés ensembles, mais avons étés séparés dés nos 15 ans, moi pour devenir une vraie « femme de l’Alpha » et eux,  des hommes, des dirigeants.

 

Pourtant, je ne suis pas comme les autres, je le sais, je le sens, je le vois. Mes parents ne m’aiment pas, car je ne partage pas leurs goûts de luxe, parce que je suis trop pâle, trop effacée, trop nocturne. J’ai des canines trop pointues, des yeux tirant trop vers le rouge violacé, trop changeants. Des cheveux trop sombres, trop « vivants ». Je suis un vampire et ce depuis que j’ai un an. Je n’en ai pas honte, eux, si…De brimade en insulte, j’ai décidé de fuir, loin, très loin.

 

Alors, j’ai écris une lettre d’adieu à Valentin, la seule personne qui m’aie jamais aimée. J’ai rassemblé des vêtements dans une valise, avec ma bibliothèque portable. J’ai volé de l’argent, sans honte et je suis partie.

 

J’ai erré pendant tant de temps….Emmagasinant des images, belles ou moins belles. Puis la nuit est arrivée et je me suis retrouvée seule. On m’a prise pour une pute, j’ai fuit. Et j’ai rencontré Lucia, une vraie prostituée, qui m’a prise sous son aile.

 

Je l’ai suivie au bordel, où j’ai été adoptée par Carmilla, la patronne et son mari, Paulo. Je suis devenue leur femme de mains, j’ai appris à tuer, à séduire, à voler. La « Fleur de Lys » est devenu un bordel de luxe, mais j’ai toujours été respectée par les filles (et les hommes). Ma chambre est sous les combles de cette maison de reconstitution victorienne, grande, sombre, elle donne sur les toits que je connais par cœur.

 

Un jour, Carmilla est entrée, embêtée, dans mon repaire. J’étais assise à califourchon sur la fenêtre, entrain de lire. Elle avait un client spécial, qui donnait beaucoup, beaucoup d’argent pour la plus belle des jeunes filles du bordel. On lui a présenté Yung Tsu Yeun, la perle d’Asie, Shirley, la douce, Taïsha, l’envoûtante Arabe et encore bien d’autre, mais il n’en a voulut aucune….Considérant tout ce qu’ils avaient fait pour moi, je suis descendue, sans me changer, gardant mes vêtements d’inspiration renaissance, mes cheveux attachés serrés…

 

Il a hoché la tête en souriant, nous sommes entrés dans une alcôve. Et je l’ai reconnu, mon jeune, mon tendre petit Valentin, devenu un débauché en mal de sensation. Ma main vint s’imprimer sur sa joue, il s’offusqua puis me reconnut. Mais cela ne l’arrêta pas pour autant, au contraire, il me viola presque. Mais peu-on parler de viol quand la victime est plus que consentante ?


20:29 Écrit par Miss Evergreen | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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