18/09/2005

Un daim sur une route - concours DMZ

Un daim sur la route. Non, c’est pas possible, je dois rêver….En plein mois d’août, en plein désert du Nevada, sous un soleil de plomb, ce n’est pas POSSSIBLE ! Bon, on s’arrête, on se range sur le côté, on se frotte les yeux. C’est une hallu, une simple petite hallu, un mirage !...

 

Non, ce n’est pas une hallu. Il mâche et remâche tranquillement en plein milieu de la route. Non, non, attends…Il ne mâche pas…Il…Il chique ! Une grosse bulle rose vient de sortir de sa bouche. Non, je peux pas le croire. Bon. On respire, on boit un peu d’eau.

 

-« Salut 

-…. »

 

Il parle….Ce daim parle ! Non non non…. Je n’y crois pas ! Tranquille, il vient vers moi, crache son chewing-gum, d’un pas balancé, il se penche à ma portière, me demande si je vais bien. J’hésite. Je suis seule sur la route, dans une Cadillac bleu turquoise, qu’est-ce que je risque à taper la discu avec un daim parlant en plein milieu d’une autoroute ?

 

-« Oui, je vais bien, j’ai cru avoir une hallu…rassurez-moi, vous êtes, heu, réel ?

-Ouais…

-….

- Vous allez où ?

- Dixie Valley…

- C’est dans ma direction, je peux ?

-….Oui…

- Merci »

 

Il contourne la portière, tranquille, d’un pas toujours aussi chaloupé, s’installe. Je démarre. Non, je ne peux pas le croire… Je suis folle, c’est pas possible. Pour meubler le silence, j’allume la radio, du vieux rock. Il semble apprécier, bougeant la tête d’avant en arrière sur le rythme, fredonnant tranquillement.

 

Je m’arrête à une station service, il sort pisser, je l’attends, en profite pour aller acheter de quoi boire, de la bouffe et des clopes. Il sort, une tablette de chocolat dans la main… Non, attends, c’est pas possible, c’est un daim…un DAIM…Il n’a pas de main…Et bien si, là, il en a deux, plus un jeans, et pourtant, c’est bien un daim ! Bon, c’est pas grave. On repart.

 

Il s’est endormi, j’en profite pour m’allumer une clope et boire un coup. Tout à l’heure, on a partagé la tablette de chocolat, infâme soi-disant, mais soit, ça partait d’un bon principe. Il est vachement mignon, quand même. Mh…

 

Il s’est réveillé.

 

-« Je peux te chaurer une clope ?

- Ouais, tiens…

- Merci…

-….

- Tu fais quoi dans la vie ?

-…heuu….

-…Dis rien, j’crois qu’j’ai pigé…J’connais pas beacoup de nana qui se balade avec un flingue sur le côté du siège et plusieurs armes derrière….

-…Mh…Et toi ?

- Moi ? Bah….Trois fois rien….En fait, je fais rien…J’me balade, j’vais de ville en ville, j’réalise des p’tits boulots, j’me tape une ou deux gonzesses, puis j’repars.

- Han…. 

- Tu t’appelles comment ?

- Alaïs et toi ?

- Tom…’Fin, la plupart du temps, on me désigne sous « le daim sur la route »

- Bah….

- Ouais…»

 

On a continué a parler. J’lui ai raconté ma vie, il m’a raconté la sienne. Tout aussi paumé que moi, il est vachement humain pour un daim. La nuit tombe doucement et nous arrivons à Dixie Valley. On s’arrête, on va manger, il me paie le dinner, on discute encore un peu, il me file son numéro de portable, j’lui file le mien.

 

On s’embrasse, amicalement, il repart. Moi, j’ai un contrat à exécuter, ce que je fais. Puis je repars, moi aussi, direction Salt Lake City, pour prendre quelques jours de vacances.

 

Sur la route, une auto-stoppeuse, je m’arrête, elle monte, me fait remarquer que son siège sent le daim. J’hausse les épaules. Un peu plus loin, un panneau, assez stylisé ma foi, avec un daim sur une route.


19:00 Écrit par Miss Evergreen | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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