27/12/2004

Petits Récits Fantastiques - l'ange possédé (vers.1)

Je suis entrée dans la pièce, je savais qu'il était là, mais pas dans quel état. Mes yeux se posèrent d'abords sur le lit défait, puis sur le sol jonché de matériel de dessin, de croquis, de toiles vierges ou pas et ensuite sur le chevalet, où une toile était posée et un corps esquissé. Je tournai la tête vers le mur de vitres sales et opaques, ne laissant passer qu'un fantôme de lumière. Il était là, dans un coin, assis, ou plutôt affalé, ses ailes blanches repliées dans son dos, les bras ouvert. Il y avait du sang sur ses mains, sur sa chemise, sur son visage. Et son regard bleu acier était fixé sur moi, vide et fou. L'espace d'un instant, j'eu l'impression qu'il allait me sauter dessus, ce qu'il ne fit pas. Il prit la parole, d'une voix ferme mais douce, qui me fit frissonner.

-         Avoue, tu t'attendais à ce que je me jette sur toi...

-         Si tu sais si bien ce que je pense, tu sais pourquoi je suis venue...

-         Parfaitement...

-    Alors arrête ce petit jeu !!!

-    Ok, ok...ne t'énerve pas...

-         Tu ne luttes pas ?

-         A quoi bon ?

J'étais étonnée, d'habitude, ils n'étaient pas aussi calmes...Un doute m'envahit...Et si ce n'était effectivement pas lui ?...Et pourtant c'était lui. Je n'arrivais pas à croire que ce soit lui, je n'y arrivais pas. Il me sourit tristement et se leva. Je reculai. Il écarta ses bras pâles et tachés de sang en croix et me fit face.

-         Vas-y ! Ne me dis pas que la Chasseuse a peur ?

Sa voix était ferme et je savais qu'il ne reviendrait pas sur sa décision. Je soupirai et sortit l'arbalète. Il ferma les yeux et respira. J'arma l'arbalète puis visa le coeur. Et enfin tira. Le carreau vint se ficher dans sa poitrine, sans bruit, faisant gicler son sang sur mon visage. Je l'essuyai et le regarda tomber, les larmes aux yeux. Sa tête heurta doucement le sol, tandis qu'un filet de sang argenté s'écoula doucement de sa bouche. Il souriait, il était enfin libre, lui, le peintre tourmenté, l'ange possédé, le tueur de prostituée, Jack l'éventreur moderne. Je me signai et prononçai les mots rituels, regardant une flamme noire s'échapper du corps, tandis qu'une douce lumière enveloppa le corps. J'appela ensuite une équipe de nettoyeur et sortit, laissant les larmes glisser le long de mes joues. Je venais de perdre un ami...Un tueur peut-être, mais un ami quand même...Putain d'métier.

                                            ==========

Elle est entrée dans la pièce, ses longs cheveux noirs volant presque autour d'elle. Ses yeux que je savais violets firent le tour de la pièce, s'arrêtant sur le portait, avant de se poser sur moi. Elle était jolie, elle le resterait sans doute encore longtemps. Je lu dans ses yeux un lueur triste, et saisit ses pensée. Je lui répondis, un peu amusé.

-         Avoue, tu t'attendais à ce que je me jette sur toi...

-         Si tu sais si bien ce que je pense, tu sais pourquoi je suis venue...

-         Parfaitement...

-    Alors arrête ce petit jeu !!!

-    Ok, ok...ne t'énerve pas...

-         Tu ne luttes pas ?

-         A quoi bon ?

Elle était étonnée et sentit le doute l'envahir. Pourtant c'était vrai. J'avais bel et bien tué huit prostituées, mais pas de mon propre chef. Je suis possédé, aucun espoir d'exorcisme autre que la mort. Je dois mourir. Je ne voudrais pas risquer la vie d'innocents et encore moins la sienne. Je me levai et écarta les bras en croix. J'avais encore du sang sur moi, du sang d'humaine fraîchement égorgée. Dans son esprit, la pensée résignée de me donner la mort se fit enfin. Je ferma les yeux et respira. Elle arma son arbalète, d'un 4X, un carreau tueur. Elle visa et enfin tira. Le carreau me transperça le coeur. Je pensais que ça ferait plus mal que ça, mais enfin soit. C'est dommage, je ne finirais pas son tableau, je comptais lui offrir pour ses vingt-six ans. C'est dommage d'avoir été possédé. Très dommage. Je sentis une douce chaleur m'envahir au moment où elle ouvrit la bouche. Puis, plus rien. Juste une douce sensation et le silence. J'étais mort, le sourire aux lèvres.


18:31 Écrit par Miss Evergreen | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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