27/12/2004

Hippocampes

« Papy, dis, d’où ils viennent les hippocampes, hein, dis ? 

- Houlà, ma Juju, c’est une longue histoire, viens t’asseoir sur mes genoux et écoutes bien cette histoire :

 

Il y a très longtemps, sur une île quelque part près de la Grèce, vivait un clan de centaures et plusieurs hardes de chevaux. La règle des clans étaient claire : vivre en paix avec la Nature.

 

Le chef des centaures, Eménos, avait trois fils et une fille, Cenya. Elle était d’une grande beauté, peu commune aux peuples grecs, car elle avait de longs cheveux blonds très clairs, des yeux bleus comme la mer, la peau pâle comme le lait et sa robe grise comme le début de l’aurore. Tous voyaient en elle une incarnation de Vénus, mais tous savaient que sa mère était le douce et tendre Calyssse, aux cheveux d’ébènes maintenant striés de fin fils d’argents, aux yeux verts d’eau et à la robe blanche. Cenya était sauvage et solitaire comme sa mère était douce et tendre. Elle aimait à vagabonder seule dans l’île, et en connaissait tous les recoins. Un jour qu’elle se baignait dans l’onde d’une cascade, Cenya vit un bel étalon noir à la crinière d’argent s’abreuver, mais n’osa l’aborder, de peur que l’on l’a punisse. Chaque fois qu’elle venait se baigner, elle voyait le jeune étalon venir s’abreuver.

 

Taraos, car il se nommait comme cela, était fils de Callya, jument régente d’un harde vivant près de la mer, sur les falaises herbeuses et balayées par les vents du littoral. Il avait une robe noire comme la nuit, des crins d’argents et des yeux d’un vert émeraude, c’était, somme toute, le plus beau mâle des hardes vivant sur les falaises. Il avait bon caractère, mais était il est vrais, assez fougueux, supportant mal certaines règles de sa harde. Un jour, à force de voir le jolie jeune centaure venir se baigner dans la cascade où il avait l’habitude de venir s’abreuver, il décida d’engager une conversation. Peut-être pourrais t’il s’en faire une amie, qui sait ?

 

Cenya fut un peu méfiante au début, puis, progressivement, de plus en plus confiante. Taraos et elle s’entendait plutôt bien, et leurs parents respectifs semblaient être plutôt d’accord avec cette entente. Pourtant, le cycle de la vie, lui, ne s’arrête jamais et les filles deviennent femmes et les garçons deviennent hommes, Cenya devenant femme et Taraos, étalon. Tous deux, maintenant, se voyaient d’un autre œil, celui que l’on appelle Amour ou Désir. Un soir, alors que l’île dormait, nos deux adolescents s’aimèrent en cachette et s’échangèrent des serments d’amour immortel. Ils se quittèrent à l’aube, se promettant de ne rien dire à leur clan respectif.

 

Leur secret ne fut malheureusement pas gardé longtemps, Cenya étant enceinte. Elle fut obligée de quitter son clan, s’enfonçant dans la forêt. Taraos la chercha partout, sans jamais la retrouver, et, épuisé par les recherches et le chagrin, vint se laisser mourir au bord de la cascade où il avait rencontré Cenya. Cenya, elle, mit au monde Chalypde, petite jument grise aux yeux couleur de nuages. Elle mourut peu de temps après. Chalypde, encore jeune, vint chercher asile dans le clan de sa mère, qui la chassa, puis, dans la harde de son père, qui la renia. Complètement désespérée, elle décida de se noyer, pour rejoindre ses parents. Elle galopa furieusement dans l’eau, s’enfonçant profondément, puis, se coucha et ferma les yeux, prête à mourir. Mais les Ondines ne l’entendait pas comme cela. Emues par cette histoire que leur avait raconté Eménos, père de Cenya et grand-père de Chalypde, dans un moment de regret arrosé de vin, elles décidèrent de faire de Chalypde un être des eaux. Pour cela, elle muèrent sa peau en écailles et transformèrent son corps, jusqu’au tronc, en une queue de poisson, enroulée sur elle-même. Les Ondines lui parèrent le corps de couleurs chatoyantes, et lui offrirent le don de porter chance, chance qu’elle n’avait pas eu, mais que, maintenant, elle pouvait offrir.

 

- Dis, Papy, c’est bien vrai ton histoire ? 

- Mais oui, Juliette, on appelle cela de la Mythologie, si tu veux, un de ces jours, je te raconterais comment sont née les sirènes. »

18:49 Écrit par Miss Evergreen | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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